Locusts

LocustsDurant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été congédié de l’école formant des pilotes à laquelle il appartenait, Donny Fletcher retourne dans la ferme familiale du Montana. Considéré comme un lâche par son père et de nombreux habitants du coin, ce dernier, pour regagner sa dignité, va devoir faire preuve d’un courage hors norme alors qu’un gigantesque essaim de criquets menace toutes les plantations avoisinantes.

Alors qu’en réponse à l’énorme succès d’Airport (1970, George Seaton), les films catastrophes sont en plein essor durant les années 70 et remplissent sans peine les salles de cinéma, la télévision commence à s’intéresser de près aux bénéfices que cela pourrait engendrer. Il n’est alors pas rare de voir débarquer des téléfilms s’inspirant ou se rapprochant thématiquement de certains succès du box-office. La chaîne ABC se lance dès la fin des années 60 dans l’aventure avec son programme ABC Movies of the week. Un rendez-vous régulier qui au fil des ans diffuse en exclusivité des téléfilms plus ou moins sophistiqués, et qui s’intéresse à presque tous les genres cinématographiques. Citons par exemple Along Came a Spider (1970, Lee H. Katzin), Duel (1971, Steven Spielberg), La Fille du Diable (1973, Jeannot Szwarc), Terreur dans la montagne (1973, Jerrold Freedman), Les Créatures de l’ombre (1973, John Newland), Danger Doberman! (1973, Frank DeFelitta), The Cat Creature (1973, Curtis Harrington) ou La Révolte des abeilles (1974, Curtis Harrington).Locusts

Réalisé par Richard T. Heffron (V : la bataille finale, Le Crime dans le sang, Les Rescapés du futur), Locusts se présente à la fois comme un drame familial et un film catastrophe. Si le contenu peut décevoir l’amateur d’animaux tueurs et d’horreur sanguinolente, le réalisateur nous livre pourtant ici une production distrayante et techniquement de bonne facture. La mise en scène est soignée et efficace, tout comme la photographie, et le récit, bien que très classique, se focalise sur des protagonistes aux caractères bien développés. À noter également le casting convaincant qui nous permet de croiser dans les rôles principaux le jeune Ron Howard (Happy Days, Le Pays sauvage) avant que ce dernier ne se lance dans la réalisation (Willow, Cocoon, Apollo 13, The Da Vinci Code, etc.), Ben Johnson (La Dernière séance, Guet-apens, L’Inévitable catastrophe, Terror Train, etc.), Belinda Balaski (Piranhas, Hurlements, Soudain… les monstres), ou encore Katherine Helmond (Les Fantômes d’Halloween, Brazil, Soap, etc.).

LocustsSi l’exposition des personnages est un peu longue, elle n’en devient pourtant jamais ennuyeuse bien que les thématiques abordées dans le scénario soient des plus usitées. On y retrouve une famille divisée, en proie à de terribles épreuves, mais qui grâce au courage de Donny, lequel après avoir affronté ses peurs, parvient finalement à trouver la paix. Un schéma type très fréquent dans les films catastrophes. Ici la famille Fletcher mène une lutte a priori désespérée face à de voraces criquets qui envahissent la propriété. Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle de Lord Leiningen affrontant une marée de fourmis agressives dans Quand la Marabunta gronde (1954, Byron Haskin).
Les quelques séquences mettant en scène les criquets, comme l’invasion des champs ou encore lorsque les insectes pénètrent à l’intérieur de la maison ne manquent pas d’impact et sont visuellement plutôt réussies. Les trucages sont convaincants, mêlant quelques images d’archives (gros plan sur les insectes, nuées dévastatrices qui remplissent le ciel, colonies rampantes, etc.) assez bien intégrées au reste malgré un grain d’image différent, plans utilisant du blé soufflé projeté par des compresseurs à air, et bien évidemment de vrais insectes. Près de 500 000 criquets ont en effet été capturés dans les vastes étendues de l’Alberta pour les besoins du film avant que l’équipe technique se rende compte de la difficulté à «diriger» les insectes.
Ces derniers ne feront aucune victime humaine, ils se contentent en effet de recouvrir les acteurs ou d’autres éléments du décor, et ne mangent que des végétaux contrairement aux sauterelles gigantesques mises en scène par Bert I. Gordon dans Beginning of the End (1957).

John Burke supervise les trucages sur le tournage de Locusts.

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