Furia Asesina

Synopsis

Furia AsesinaUn groupe de scientifiques est convaincu que les requins constituent un espoir pour le traitement d’un certain nombre de maladies mortelles pour l’homme. Les tests en laboratoire montrent en effet que les squales ne développent pas de tumeurs cancéreuses, et qu’un sérum issu de leur système immunitaire pourrait fournir la base d’un vaccin. Une équipe se lance alors dans une aventure dangereuse, à la recherche d’éléments et de preuves destinés à étayer leur théorie. Cela nécessite la capture de requins vivants qui ne vont pas tarder à entrer dans une rage meurtrière…


Chronique

Le film démarre comme un documentaire, lors d’une scène de remise en liberté d’un requin, alors qu’une voix off résume plus ou moins ce à quoi nous allons assister. Un scénario qui n’est finalement qu’un prétexte, puisqu’en guise de scientifiques nous n’aurons droit qu’à deux femmes en maillot deux pièces (option string), et quelques mecs bien virils, à la moustache saillante et au torse (velu ou non) sur lequel pendouille systématiquement une chaîne en or. Faute d’autorisation, du laboratoire nous n’apercevrons que la façade extérieure, et le budget microscopique ayant été dilapidé dans la location du matériel de plongée et des bateaux, il ne restait pas de quoi s’acheter trois blouses blanches.

Furia AsesinaÉconomie oblige, Furia Asesina est entièrement tourné au Mexique par un réalisateur devenu paresseux, qui n’a sans doute même pas fait passer son film par la case postproduction. Il en résulte une image brute qui donne l’impression de regarder un film de vacances vaguement scénarisé et incroyablement cheap. Même si l’on sent une certaine expérience, la mise en scène est complètement ringarde, tout comme les cadrages qui semblent issus d’un autre monde certains plans auraient même tout à fait leur place dans des documentaires techniques amateurs sur la pêche. Lors des dialogues, les cadrages feront ainsi le bonheur des dermatologues tant les comédiens sont serrés de près.
René Cardona Jr. semble se parodier lui-même.

L’absence totale de crédibilité des personnages principaux et secondaires est accentuée par le fait que les acteurs, bien peu convaincants (Hugo Stiglitz n’est même pas de la fête!), paraissent avoir du mal à contenir des fous rires dans la majorité des scènes. S’ajoute à cela une musique festive et ringarde, qui laisse soudainement place à quelques notes menaçantes à la moindre apparition d’un requin. Mais tout ça ne serait rien sans la petite touche Cardona Jr., qui n’hésite pas à piller de nombreux documentaires animaliers pour peupler ses séquences sous-marines, durant lesquelles on croise un nombre d’espèces hallucinantes.
Des squales bien entendu, requins-tigres et makos, mais aussi des murènes, des tortues, des loutres, des dauphins, une raie manta, des baleines, de nombreux poissons et même des morses. Un véritable bestiaire que le réalisateur tente tant bien que mal à insérer à ses propres prises de vue, ce qui implique évidemment bon nombre de raccords hasardeux. S’il est assez tardif, l’habituel plan nichons ne manque pas à l’appel, et ce dernier s’étire même sur une longue minute totalement gratuite. Malheureusement, comme dans la plupart de ses précédentes productions, on ne peut pas dire qu’aucun animal n’a été blessé durant le tournage de Furia Asesina, même si nous sommes ici loin de l’hécatombe écœurante de Tintorera – Du sang dans la mer.

Furia AsesinaComme si cela ne suffisait pas, Furia Asesina se montre plutôt avare en ce qui concerne les attaques de requins. Les animaux semblent pourtant défendre avec férocité leur territoire de l’invasion humaine, aspect appuyé lors d’une scène durant laquelle les morses avachis hurlent à l’approche des bateaux, comme pour prévenir leurs occupants du danger qui rôde sous les eaux. Mais le requin dont il est question, énième avatar du célèbre Bruce des Dents de la mer pourtant blessé par un énorme hameçon auquel est accrochée une bouée, ne parviendra à croquer mortellement que deux personnes. Un sans faute cela dit, puisqu’il est à l’origine de seulement deux attaques.
Assauts qui manquent d’ailleurs d’impact visuel. Les victimes coulent en gesticulant dans une eau rouge bouillonnante, avant que le montage ne s’attarde sur des plans où le requin mâchouille des morceaux de combinaisons de plongée fourrées à la viande rouge (voir l’extrait vidéo). Pour ces deux seules attaques, Cardona Jr. trouve quand même le moyen de réutiliser les mêmes images!!!

Reste à se mettre sous la dent quelques séquences sous-marines durant lesquelles les plongeurs interagissent avec de vrais squales, ce qui donne tout de même une certaine crédibilité à l’ensemble, mêmes si ces plongées sont loin d’être aussi impressionnantes que celles que l’on peut observer dans d’autres films du réalisateur.

Furia AsesinaFuria Asesina est vraiment loin d’être convaincant. Le film est affublé d’un aspect technique de pacotille, d’un récit parfois confus, à ce titre la dernière demi-heure est hallucinante tant les situations parachutées s’enchainent sans la moindre continuité, sans oublier les nombreuses longueurs et passages en voix off qui brisent le rythme de l’histoire. S’ajoutent à cela tous les points évoqués plus haut, qui ne permettent malheureusement pas d’être indulgent avec cette production malgré son petit côté film d’exploitation sorti 15 ans trop tard. Les amateurs de la série des Shark Attack apprécieront sans doute, ne serait-ce que pour les quelques moments de franche rigolade que procure le film, mais les autres feraient mieux de se tourner vers les autres réalisations de René Cardona Jr., Cyclone bien entendu, ou même Tintorera qui passerait presque pour un chef  d’oeuvre en comparaison!

Furia Asesina

La seule édition VHS existante du film.


 

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