La Malédiction du cobra

Synopsis

La Malédiction du cobraPar une nuit sans lune, un wagon spécialement affrété traverse une petite ville des États-Unis. À son bord, un gigantesque reptile. Né d’une malédiction, le cobra royal n’est autre que l’incarnation de Satan. Ce dernier parvient à s’échapper, tuant deux personnes et en blessant grièvement une troisième avant de disparaître dans les rues et de semer le trouble dans une aux commandes d’une légion de serpents. La science ne semble guère pouvoir donner une solution pour mettre un terme aux massacres perpétrés par les reptiles, c’est alors que le père Farrow prend part au combat dans une lutte sans merci contre le mal absolu…


Chronique

La Malédiction du cobraPur produit d’exploitation tourné en 1979, Jaws of Satan, diffusé à la télévision française sous le titre de La Malédiction du cobra, s’inspire alors de deux des grandes tendances cinématographiques de l’époque. D’un côté les films d’agression animale, qui se multiplient comme des lapins sous viagra depuis le succès de Les Dents de la mer (Jaws, 1975, Steven Spielberg), et de l’autre, les thrillers ou films d’horreur à connotation satanique dont le regain d’intérêt fait suite aux sorties quelques années plus tôt de L’Exorciste (The Exorcist, 1973, William Friedkin) ou La Malédiction (The Omen, 1976, Richard Donner). D’autres comme Curtis Harrington ou Peter Wittman s’y essaient également, réalisant respectivement Les Chiens de l’Enfer et Play Dead et choisissant comme vecteur du mal des vilains toutous auxquels sont octroyés divers pouvoirs diaboliques1. Ici c’est Bob Claver qui s’intéresse à la thématique de l’animal diabolique, un cobra royal en l’occurrence. Le réalisateur signe d’ailleurs ici son unique film hors du monde de la télévision, média pour lequel il retourne rapidement travailler devant l’échec public comme critique de son film.

Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui.
Apocalypse 12:9

La Malédiction du cobraDans un petit bled américain de l’Alabama, le pasteur Tom Farrow, interprété par Fritz Weaver (Demon Seeds, Creepshow) semble prendre à la légère l’avertissement d’une voyante à propos du mal qui rôde depuis peu. Tout du moins jusqu’à ce que de nombreux cadavres apparaissent un peu partout dans le coin. Inquiet, il mène des recherches qui le conduisent sur la piste d’une terrible malédiction dans laquelle il est question de druides ancestraux et de la venue sur Terre de Satan en personne.
Cependant, il n’est pas le seul à se poser des questions sur ces événements étranges. En effet, la docteure Maggie Sheridan, jouée par Gretchen Corbett (Quand les abeilles attaqueront) et l’herpétologiste Paul Hendricks (Jon Korkes aperçu notamment dans l’excellente série Oz) émettent eux aussi des hypothèses sur l’origine de ces nombreuses morts. Tous se rejoignent sur un point : des serpents très agressifs sont derrière ces nombreuses morts suspectes. Le maire de la ville, épaulé les hommes d’affaires locaux et la police, ne les prend pas au sérieux et tente même de dissimuler ces incidents. Cela pourrait un effet entraîner l’annulation de l’imminente grande partie chasse, attraction touristique destinée en partie à renflouer les caisses de la ville.

Ce canevas vous semble familier? C’est normal. À quelques modifications près, on le retrouve malheureusement dans la grande majorité des productions mettant en scène des animaux tueurs… S’ajoute simplement ici une signification diabolique.
C’est sous la forme d’un cobra royal que Satan commande une légion de serpents bien décidés à utiliser leur venin pour répandre la mort. Au-delà de ses crocs aiguisés, le reptile principal est doté de pouvoirs surnaturels qui lui permettent entre autres d’ouvrir et fermer les portes à distance, ou d’hypnotiser les humains lors de séquences qui prêtent à sourire.Si dans la plupart des séquences de vrais reptiles sont utilisés, notamment des crotales diamantins, il est bien dommage que le réalisateur se contente d’abuser du procédé champ/ contrechamp. Sauf exception, il est donc rare d’apercevoir simultanément un acteur et un serpent interagir dans un même plan. Les assauts reptiliens se suivent et se ressemblent, et lorsque le réalisateur s’aventure à une mise en scène un peu plus ambitieuse, le résultat n’est pas des plus concluants. En effet, lors de certains plans, le reflet du reptile apparaît sur la vitre le séparant de l’acteur, quand il ne se cogne pas dedans alors qu’il attaque…

La Malédiction du cobra

Les morts s’enchaînent comme dans un slasher lambda, jusqu’au final ridicule : l’exorcisme en question. Nous assistons alors à une scène anthologique, durant laquelle le pasteur ayant retrouvé la foi et affublé de ses plus beaux vêtements religieux, se rend dans la grotte, véritable antre du mal. C’est armé seulement de sa bite et de son couteau, enfin de sa bible et de son crucifix, qu’il affronte le serpent diabolique. Tout y est. L’autel avec la jeune femme offerte en sacrifice (pas même dénudée d’un téton!), une ambiance lugubre à peine digne d’une attraction de fête foraine, le serpent trônant sur son rocher, les incantations, la lumière divine qui vient frapper le crucifix, etc. Avec bien évidemment la victoire du bien sur le mal pour unique conclusion. Enfin, on évite au moins la fin ouverte coutumière de ce type de productions.

Bien peu de chose à retenir de cette Malédiction du cobra finalement. Bob Claver nous livre ici un film peu inspiré, uniquement destiné à se faire un peu d’argent en capitalisant sur les succès des oeuvres dont il s’inspire. Un scénario moins linéaire, des dialogues un peu plus travaillés et une réalisation plus aboutie auraient sans doute permis de prendre le film un peu plus au sérieux, car du côté technique, il n’y a pas grand-chose à reprocher. À noter également, au milieu du casting plus qu’acceptable issu du monde télévisé, la présence dans son premier rôle de Christina Applegate (Kelly Bundy de Mariés, deux enfants).


 

  1. Sur ce sujet, lire le dossier consacré aux chiens de l’Enfer.

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